M
usiciens :
Jean Derome : saxophone et objets
Isaiah Ceccarelli : percussions
Catherine S. Massicotte : violon
Éric Normand : basse électrique et surfaces amplifiées
Robert Bastien : guitare électrique
Chœur :
Orchestration et direction : Joane Hétu
Décideurs : Luc Gaudet, Jean-Luc Moisan, Étienne Denis, Luc Giroux
Chercheurs : Alex Battaglini, Robert Frigault
Intervenantes sociales: Marilou Dumont, Nathalie Langlois
Gens de la rue : Yvon Desormeaux, David Dumais, Choco
Idée originale : Robert Bastien
Prise de son et enregistrement : Colin Gagné
Montage : Éric Normand
Conception des pochettes : Éric Normand et Robert Bastien
Fabrication des pochettes : Éric Normand et Robert Bastien
Remerciements à tous les participants et amis de la Casa Obscura, plus particulièrement à Isabelle Laurin pour ses sons off de violon.
C
ette expérience de création alliant musique et recherche sociale en santé publique est rendue possible grâce au Fonds Québécois de recherche sur la société et la culture FQRSC (Volet recherche innovante ; projets 94134 et 118030) et aussi du Centre de recherche de Montréal sur les inégalités et les discriminations (CREMIS). Un merci tout particulier à tous ceux et celles qui travaillent et fréquentent l’organisme CACTUS dont le projet PLAISIIR. Merci aussi à Robert Paris, directeur de l’organisme PACT DE RUE et à Christopher McAll, directeur scientifique du CRÉMIS.
La genèse de ce projet sort un peu des cadres dominants de la recherche sociale en santé, d’une part, parce nous croisons le domaine des arts à celui des sciences et, d’autre part, parce que la résultante est de la musique ! Avant même d’imaginer l’apport de la musique dans le cadre de ce projet, nous voulions créer un espace de dialogue entre des décideurs et des travailleurs de proximité. Initialement, le but consistait à influencer les modes d’élaboration des commandes politiques à partir de savoirs détenus par des acteurs du terrain. C’est en songeant à d’autres formes d’échange des savoirs que nous sommes arrivés à la conclusion que la création musicale pouvait, peut-être, représenter un espace privilégié pour réfléchir autrement autour de la question des inégalités. Lors de sessions classiques d’échanges (forums, colloques, ateliers), les participants concentrent leur attention autour d’un problème. À priori, ils s’accordent pour identifier et mettre en avant des solutions dites concrètes. Mais, en même temps, tous restent isolés, surtout les experts, dans leur propre univers de référence, ce qui rend improbable une réelle coalition des savoirs. Alors, comment revoir en profondeur ce que peut signifier travailler ensemble dans une même direction ? Or, le projet Manières (dé)faire des Mondes est une proposition expérimentale qui va dans ce sens, car il y a, d’entrée de jeu, un souci d’abolition des représentations de pouvoirs. Ici, les décideurs, à l’instar des gens de la rue, des chercheurs et des travailleurs de rue, abandonnent leur univers de référence pour s’engager dans une même direction et participer à la création d’un projet musical. C’est au cours d’une journée unique de travail que le projet s’est concrétisé, soit le 24 mars 2007. Sous la direction de Joane Hétu, les quatre chœurs se sont attardés à se définir des identités et des textures sonores et à entrer en dialogue musical les uns avec les autres, le souci premier étant de participer à une création musicale.
«… Les dissonances qui effraient les auditeurs leur parlent de leur propre condition; c’est uniquement pour cela qu’elles sont insupportables.»
Théodore Adorno, Philosophie de la nouvelle musique, Gallimard, 1979. Paris.
M
anières (dé)faire des mondes s’inspire de l’apport philosophique de Nelson Goodman et, plus encore, de son livre intitulé Manières de faire des mondes (2006 aux Éditions Folio). Manières (dé)faire des Mondes, pour sa part, est un projet de musique actuelle, en partie dirigé et en partie improvisé, construit autour de quatre mondes : (1) l’arène politique, (2) la recherche, (3) les pratiques sociales de rue et (4) les modes de vie des gens de la rue. L’élément central de l’œuvre sont les versions plurielles des inégalités : inégalités de santé, inégalités sociales, inégalités de revenus, mais, plus encore, inégalités de pouvoir figurer sur une même scène et cela avec les mêmes pouvoirs. Manières (dé)faire des mondes est l’aboutissement d’un travail de création où des représentants de quatre mondes quittent momentanément leur vie normée pour réaliser un travail de création se situant à l’extérieur des cadres qu’ils occupent dans la société. Ce travail de création se concrétise à partir de narrations, de déclamations et de bruits illustrant des traits distinctifs de chacun des mondes joués et interprétés par des hommes et des femmes dans leur propre rôle. Comme le dira d’ailleurs un des membres du chœur : « Je viens de la même planète que toi ».
Le concert performance Manière (dé)faire des mondes a été réalisé et enregistré samedi le 24 mars 2007 à la Casa Obscura, 4382 rue Papineau à Montréal. Il existe approximativement 100 copies toutes probablement numérotées.
